Les représentations sociales de la sexualité nous laissent désorientés


 

Notre comportement sexuel est fortement influencé par ce qui nous a été inconsciemment suggéré par notre environnement depuis notre enfance: parents, frères et sœurs, copains, copines, enseignants, journaux, films, télé, radio, images publicitaires, et plus récemment internet. Même si l'attitude de nos parents a été de ne pas vouloir aborder le sujet, ils nous ont de toute façon transmis une attitude vis-à-vis du sexe par leur positionnement.

 

Nous sommes globalement conditionnés à adopter des comportements conventionnels par les représentations sexuelles que notre société véhicule: images de la femme, de l'homme, de la séduction et de la sexualité. Malgré des variantes personnelles, nous sommes imprégnés de ces valeurs et de ces clichés. Hélas, ils ne nous mènent pas souvent vers le meilleur de nous-mêmes. Ils sont essentiellement orientés vers la création de besoins artificiels qui nous incitent à acheter et à consommer, à moins qu'ils n'aient comme but de nous distraire superficiellement, de nous détourner de nous-mêmes pour nous empêcher de découvrir qui nous sommes vraiment.

 

Avant les années 60, la sexualité était tabou. Il était malvenu d'en parler librement autour de soi ou dans les médias. Depuis la situation a changé. Certains et certaines ont osé parler librement, revendiquer leur droit au plaisir. Les femmes ont rejeté la contrainte de "devoir conjugal" qu'on leur imposait, ont exprimé leurs sensations, leurs désirs et leur plaisir sexuel dans leur spécificité féminine. On a découvert que les carcans religieux et patriarcaux auxquels on s'efforçait d'obéir avec peine, drame et souffrance, bridaient l'épanouissement sexuel et étaient fondés sur un pouvoir abusif. Les mœurs se sont décomplexées et les gens se sont détendus. Il y a eu une évolution positive vers la reconnaissance du fait que la sexualité est partie intégrante, essentielle et épanouissante de nous-mêmes.

 

Mais comme le balancier était allé trop loin du côté de l'interdit, il est revenu en force du côté de la licence. Compte tenu de la répression antérieure, c'était inévitable. La licence s'est alors manifestée comme un défoulement excessif, au point que la sexualité est devenue une nouvelle obsession. Attention, je ne suis pas en train de suggérer une morale à suivre, loin de là. Chacun se cherche selon sa propre voie. J'incite simplement à découvrir la voie d'une sexualité qui nous procure un sentiment d'enrichissement et de plénitude, ce qui n'est généralement pas le cas de la sexualité obsessionnelle et défoulante.

 

 

La rencontre sexuelle ne bénéficie pas de références saines

 

Dans cette recherche, nous sommes peu aidés par les modèles de comportement représentés dans les médias.

 

On aurait pu croire que la "libération" de la sexualité irait de pair avec la créativité [dans la pratique sexuelle]. Or ce dont se plaignent les gens - et plus particulièrement les femmes - c'est de la standardisation des comportements sexuels. 

 

La raison en est que les pratiquants agissent "comme dans les films"; ils appliquent ce qu'ils ont vu sur les écrans... Il faut dire que le X constitue le seul "enseignement "dispensé; il n'existe en effet aucun film d'érotisme, c'est-à-dire une œuvre où la sexualité aurait un sens et une esthétique, qui porterait à élever les consciences. (Dr. Leleu, Sexualité, la voie sacrée)

 

Bien que la sexualité soit omniprésente dans l'industrie du divertissement (télé, cinéma, spectacles, internet), on y montre principalement des attitudes qui ne fonctionnent pas dans la vie réelle: par exemple la femme dit oui tout de suite, comme si elle n'attendait que ça et elle jouit immédiatement. Le phénomène internet a multiplié et facilité l'accès à d'innombrables scènes pornographiques dans lesquelles les personnes sont représentées comme avides de sexe en tout genre. Les femmes y sont traitées de salopes et de chiennes comme si elles aimaient être insultées. C'est dramatique pour les adolescents dont ce canal constitue l'entrée en matière de sexualité. Ils n'ont pas de références saines, c'est-à-dire respectueuses des personnes. C'est ainsi qu'à l'extrême (comme nous l'a montré une actualité récente), ils arrivent à croire qu'organiser une "tournante" est chose normale (une fille subit le viol de plusieurs garçons successivement).

 

Une surprenante caractéristique des mœurs sexuelles est un retour au machisme ou son exacerbation. Mépris et domination de la femme se traduisent par des propos et des attitudes dégradants, agressifs et violents envers elle; le comble de l'avilissement étant les "tournantes". Cette dégradation des relations entre la femme et l'homme peut être mise sur le compte du modèle d'information sexuelle dont disposent les jeunes: des films pornographiques où la femme est présentée comme une poupée jouissante soumise à l'homme ou comme "une chienne qui ne pense qu'à ça". Ce qui renforce la peur qu'ont les hommes de l'émancipation de la femme et, par contrecoup, leur désir de la soumettre... (Dr. Leleu, Sexualité, la voie sacrée)

 

Toutefois, au fond d'eux, les gens sentent bien que quelque chose ne va

pas et que cela ne correspond pas à leur nature, mais ils ne savent pas

pourquoi et comment. Ils sont donc désorientés face au sexe, tout spécialement les adolescents.

 

[Les adolescents] ne savent plus ce qui est à faire ou à ne pas faire. Ils ont perdu la hiérarchie des désirs et des demandes... Ils ne savent pas ce qui est ou non compatible avec la dignité humaine. (Dr Leleu, Sexualité, la voie sacrée)

 

 

L'éducation sexuelle

 

 Il est donc urgent qu'une véritable éducation sexuelle soit mise à la disposition de tous, en commençant par l'école. Les quelques cours scolaires sur ce sujet n'abordent que la physiologie et la biologie. Ils ne sont pas un apprentissage sur soi-même et sur l'autre. L'école faillit lamentablement à dispenser une véritable éducation qui inclurait la connaissance et la maitrise de nos émotions et des relations avec les autres. Elle préfère, à quelques nuances près, bourrer notre crâne de savoirs intellectuels que l'on devra apprendre par cœur et ressortir le jour de l'examen (rien ne change malgré de nombreux rapports et expériences positives à ce sujet depuis les années 50 - voir le dossier Éducation).

 

Nos enfants, nos adolescents, et par conséquent nous-mêmes qui l'avons été, nous manquons terriblement d'un apprentissage sur l'épanouissement de l'être et de sa sexualité. Il n'existe pas d'enseignement sexuel orienté vers la réalisation de soi et la plénitude (voir des développements dans l'article L'éducation sexuelle).

 

Notons toutefois que des exceptions peuvent être trouvées dans des initiatives privées, telles que le site web Éducation sexuelle, ou encore la publication de très bons livres éducatifs (certains sont indiqués en fin d'article). Ils ont l'immense mérite d'inciter au respect et à l'amour de l'autre. Ils mettent l'accent sur l'écoute de soi et de son partenaire, la fantaisie, l'agrément, le détachement du souci de la performance. Cependant ils restent peu diffusés, particulièrement chez les adolescents qui préfèrent l'internet et la radio.

 

De plus, il est rare de les voir aborder le sujet du sens de l'acte sexuel: car l'acte sexuel est bien plus que se donner du plaisir réciproque, c'est réunifier en soi ses énergies masculines et féminines, c'est se découvrir dans toutes ses dimensions en connexion avec sa nature profonde.

 

Par Alain Boudet

 

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