La sexualité essentielle

 

La sexualité essentielle

 

Si nous cherchons à vivre une sexualité qui nous remplisse, nous devons comprendre comment elle fonctionne en nous et en l'autre. C'est une démarche de connaissance de soi sur les plans physique, relationnel et spirituel. Cela commence par la prise de conscience que des idées reçues et des sentiments négatifs s'agitent à l'intérieur de nous à notre insu et nous détournent de notre Moi véritable .

 

En effet, pour la majorité d'entre nous, nous vivons dans la dualité. En nous s'affrontent deux parties, deux personnages, deux forces de natures inégales. L'une est notre Moi véritable (notre Essence) et l'autre est une personnalité fabriquée par les circonstances, nos vécus plus ou moins dramatiques, et l'éducation reçue tout au long de notre vie (voir article L'enfant intérieur). Les traits négatifs de peur et de rigidité et les idées reçues sont inscrits dans notre personnalité, non dans notre être véritable .

 

Nos dysfonctionnements, en particulier ceux de la sexualité, résultent d'une dichotomie entre ces deux aspects de nous, et du fait que la personnalité se manifeste de façon intempestive et voile le Moi véritable. Lorsque la personnalité reconnait la présence de l'Essence, se met à son écoute et fonctionne de concert avec elle, tout s'harmonise et s'unifie. En cessant d'obéir à notre personnalité, à ses jeux de pouvoir et ses complications, en étant attentifs au langage et aux signaux de notre Essence, nous percevons ce qui est juste et bénéfique pour nous. Vivons une sexualité qui soit l'expression de notre Essence, une sexualité essentielle.

 

Comment reconnaitre le langage de votre Essence ?

Il est vraiment simple et immédiatement accessible à tous. Ce sont vos sentiments, que vous devez apprendre à percevoir dans la finesse. Vous reconnaitrez que vous êtes en accord avec votre Essence chaque fois que vous ressentirez de la joie, de l'humour et de la légèreté, que vous vous sentirez rempli et en paix. Dans le cas contraire, vous êtes le jouet d'un quelconque sentiment négatif de la personnalité qui veut se manifester, comme le ferait un enfant bougon et mal aimé.

 

Être dans la sexualité essentielle, c'est savourer la pratique sexuelle avec le même naturel, la même simplicité, la même innocence, le même émerveillement que manifeste un enfant qui se régale dans un bain. C'est vivre une relation joyeuse, ludique et légère, tout en restant profonde et respectueuse. Elle est l'expression créative de ce que nous sommes véritablement.

 

Pour vous aider à vous familiariser avec cet aspect de vous, voici d'abord quelques indications de base, suivies de suggestions pratiques dans la section suivante.


 

Vivre la sensation du moment

 

Vivre la sexualité en connexion avec son Essence, c'est d'abord ne plus se préoccuper de son passé ni de son futur. C'est vivre le moment présent. Pour l'homme, c'est peut-être sentir le plaisir d'une érection sans avoir en vue de s'introduire immédiatement dans la femme, ou pour la femme, sentir la douceur d'une caresse sans se préoccuper d'être prête pour l'homme.

 

Ne vous préoccupez pas de ce qui va se passer dans un quart d'heure, une minute ou quelques secondes. Efforcez-vous d'être présent à ce que vous faites. Exercez une attention légère, flottante, sans tension ni crispation. Ne faites pas l'amour comme une compulsion, un acte automatique. Vivez pleinement et consciemment vos sensations, savourez-les.

 

Vivre au présent, ici et maintenant, c'est être pleinement présent à ses sensations, à ses actes. Retenu par un hier qu'on ressasse ou précipité dans un demain qu'on appréhende, on ne profite pas de l'heure agréable qui passe et on ne vit pas la réalité, souvent source de joie. Efforçons-nous donc de nous recentrer sur le présent, d'être tout entiers à ce que nous ressentons, à ce que nous faisons. Écartons les concepts, les interdits, la honte, la culpabilité, les blessures, les rôles, l'angoisse. Vivons l'instant, vivons la sensation plénière. Soyons dans la pulpe de nos doigts, dans les papilles de notre langue, dans les récepteurs de notre odorat, soyons dans notre sexe, soyons en nous, soyons avec l'autre. Être dans la sensation consciente, c'est aussi se respecter, respecter l'autre, respecter la merveilleuse nature qui nous offre ce bien-être. Et c'est le moyen de trouver la félicité et un bon équilibre mental. (Dr Leleu, Sexualité, la voie sacrée)

 

De cette façon, vous profiterez pleinement d'une caresse, d'un verre de jus de fruit dégusté ensemble, du regard de l'autre.

Le plaisir, pour la majorité des gens, c'est une projection mentale. Il faut vraiment se rendre compte, au niveau plaisir et douleur, qu'il est exceptionnel de sentir un plaisir sans fantasmer dessus. Êtes-vous capable de ressentir une caresse sans faire d'histoire, sans bâtir une histoire autour, sans vous demander de qui elle vient, ce qu'elle signifie, etc? La réceptivité sensorielle va très loin. Cette exploration fait partie de la démarche tantrique. Voir à quel point ce qu'on croit être ressenti est, en fait, pensé. On ne ressent pas: on pense le ressenti. (Éric Barret, Nouvelles Clés)

 

Vivre pleinement le moment présent ouvre des portes, et pas seulement dans la pratique sexuelle. C'est nous découvrir dans notre véritable nature, c'est percevoir comment nous fonctionnons, c'est découvrir toutes les dimensions de soi. Cela a été enseigné de longue date dans différentes traditions, que ce soit dans l'enseignement amérindien, le tantra ou la méditation Vipassana. Par exemple, Vipassana est un moyen de se transformer à travers l'attention portée aux sensations physiques du corps.

 

 


Attention à l'autre et à soi-même

 

Toute expérience relationnelle orientée vers l'échange vrai nécessite une écoute accueillante, attentionnée et compréhensive vis-à-vis de l'autre. Mais il est important de ne pas oublier l'écoute bienveillante vis-à-vis de soi-même, de son enfant intérieur.

Lorsque vous écoutez l'autre, vous êtes avec lui/elle et votre attitude est adaptée à ce qui se passe sur le moment, à ce qu'est l'autre dans sa particularité à ce moment. Soyez attentifs à ses réactions et aux sensations qui vous parviennent.

 

Lorsque vous faites l'amour, plutôt que tenter de vous remémorer ce que les livres décrivent sur les hommes et les femmes, ce qu'il est bon de faire, ce qu'ils/elles désirent, quelle méthodologie il faut employer, plutôt que de vous faire une représentation dans votre tête, écoutez l'autre, ce qu'il/elle vous dit par ses mots, son regard, son corps. Il se peut que ses réponses ne correspondent pas à ce qu'on vous en a dit dans les manuels, ni dans le présent article.



Le lâcher-prise

 

Lâcher prise, c'est s'abandonner. C'est abandonner son envie ou son souci de contrôler ce qui va se passer dans le futur immédiat ou plus lointain. C'est s'en remettre à la vie, se laisser guider par les sollicitations de son enfant intérieur. C'est être attentif aux sollicitations de l'autre qui peuvent se présenter, tout en conservant sa liberté de répondre oui ou non. Cela demande de ne pas craindre d'être emmené dans le nouveau, dans l'imprévu.

 

Dans l'exercice de la sexualité, il ne s'agit donc pas de s'abandonner à la volonté de l'autre, mais au flux de son propre SOI. C'est accueillir ses émotions, ses sensations et celles de l'autre comme elles viennent. C'est se laisser porter par elles, c'est accueillir le plaisir dans son mode d'expression particulier du moment, et savourer pleinement ses effets.

 

Vous trouverez votre chemin non en pensant, en sentant ou en faisant, mais en vous abandonnant. (Deepak Chopra, Le chemin vers l'amour)

 

L'abandon à soi-même se cultive, s'approfondit dans la durée de la relation avec l'autre. Il demande lasécurité et la paix de l'esprit. Si la relation se construit dans l'amour et la fidélité, il est possible de s'abandonner de plus en plus profondément à chaque fois. Le lâcher-prise, c'est aussi la confiance en la vie, en soi et en l'autre.

 


 

Jeu, spontanéité et humour

 

Jouer, c'est inventer au fur et à mesure sans but défini, comme le font les enfants. On ne cherche pas à reproduire quelque chose, ni à produire un résultat. On laisse venir ce qui vient sans jugement et on crée le jeu comme une danse spontanée. J'invente et je crée dans la liberté, en réponse au geste de l'autre, tout en restant juste avec moi-même. Je vis chaque rencontre, chaque orgasme avec mon/ma partenaire comme s'ils étaient nouveaux à chaque fois.

 

La créativité et la spontanéité viennent d'une liberté intérieure, une liberté de l'esprit qui prend place dès lors qu'on ne laisse plus de place aux sentiments négatifs et à la personnalité avide. Attention toutefois de ne pas exiger de vous d'être ce modèle de liberté en tout temps, parce que vous reconnaissez toutes les ombres dans lesquelles vous vous débattez au quotidien. Il ne faut pas croire qu'il faut avoir éliminé toutes nos pensées perturbatrices une fois pour toutes pour pouvoir vivre des moments de liberté. Vous avez déjà cette capacité de liberté intérieure.

 

Nous avons tous des moments de paix où nous sommes dans un état de liberté et d"expansion: face au sourire d'un enfant, au moment où nous nous laissons aller à danser sur une musique, devant la beauté d'un paysage, dans la douce fraicheur d'un bain de mer par temps chaud, ou en savourant les tendres caresses de l'aimé(e). Ayez confiance que vous avez déjà vécu de tels moments et qu'ils font partie de vous. Acceptez de donner place à cet état.

 

Dans le jeu et la liberté, vous pouvez sentir l'énergie de vie dans votre corps. L'énergie de vie, c'est ce qui se manifeste par la respiration, les battements du cœur, les mouvements, et aussi l'expression sexuelle. Elle est l'expression physique de notre Moi véritable. Dès sa naissance, le bébé prend plaisir à sentir son corps bouger, à toucher et à saisir. De même, la fonction sexuelle est naturelle et saine. Elle nous procure de la joie lorsqu'elle est la pleine expression de notre énergie de vie.

 

L'humour est l'une des expressions de cette liberté saine et joyeuse. Être en connexion avec son Essence, c'est se détacher de tous les aspects de soi auxquels on tient à s'identifier. On peut alors rire de soi, avec tendresse. On peut rire de tout car on se voit et on voit les autres comme des acteurs sur une scène en train de jouer une comédie. On peut rire de soi y compris dans la relation sexuelle. À d'autres moments, on préfèrera le silence, l'émerveillement, le recueillement.

 

L'émerveillement

 

Le don d'émerveillement est cette faculté de recevoir les sensations, et particulièrement la beauté de toutes choses, dans toute leur primeur, dans toute notre fraicheur, avec étonnement et enthousiasme. Comme le fait l'enfant, comme on le fait dans des états rénovés de conscience: l'état amoureux, la convalescence. Aussi décidons de nous ressituer dans la virginité de notre sensibilité et d'accueillir les sollicitations sensitives comme si elles étaient nouvelles, comme si nous étions nouveaux. Autrement dit, décidons de nous rendre disponibles, de sortir de la prison de la rationalité. (Dr Leleu, Sexualité, la voie sacrée)

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Si nous récapitulons les qualités évoquées pour manifester notre essence, il est remarquable de constater qu'elles sont identiques à celles que nous avons repéré pour le développement de notre fonction spirituelle (voir Spiritualité et développement personnel): sincérité, humilité, simplicité, patience, écoute, bienveillance et tendresse, non-jugement, accueil, confiance, abandon, rire, conscience, responsabilité. Cela n'a rien de surprenant car la sexualité essentielle est l'une des manifestations de la spiritualité.

Notons que ces qualités sont essentiellement de polarité féminine: accueillir le moment, être dans le jeu, l'écoute, l'invention et non dans la performance. Hommes et femmes sont dotés de ces qualités, mais les hommes auront souvent besoin d'une rééducation pour s'autoriser à les exprimer. Que vous soyez femme ou homme toutefois, ne vous préoccupez pas de devenir quelqu'un de parfait, avec une nouvelle sexualité. Il ne s'agit pas d'un nouveau modèle à atteindre, répétons-le. Ne vous efforcez pas de changer brutalement vos habitudes. Laissez simplement parler votre cœur en vous détachant de ce qui ne vous convient plus. Soyez dans l'écoute et le dialogue et tout évoluera selon votre propre rythme et pour votre confort.

Le don d'émerveillement est cette faculté de recevoir les sensations, et particulièrement la beauté de toutes choses, dans

toute leur primeur, dans toute notre fraicheur, avec étonnement et enthousiasme.

 

 

 

La danse sexuelle

 

Voici quelques suggestions pratiques pour vous guider dans une sexualité épanouie. J'insiste sur le fait qu'il ne s'agit pas de règles à suivre, mais de suggestions pour sortir de comportements tout faits. Ce sont des propositions pour élargir le champ de votre expérience et découvrir de nouvelles facettes de vous-même. En faire des règles serait retomber dans un nouveau schéma.

 

Préparatifs :

Il est bon de préparer votre corps. Se laver, c'est offrir à l'autre le meilleur de soi. Mais c'est aussi s'offrir du bien-être pour soi, se sentir le plus détendu possible. Une douche est aussi un lavage psychique, pour vous débarrasser de l'énervement ou de l'activité mentale que vous venez juste de quitter, au téléphone, dans un embouteillage, avec d'autres personnes. Plutôt que d'amener avec vous ces tensions psychiques sur la scène du couple, quittez-les avant, comme vous quittez vos habits. La douche, le bain, sont des sas pour entrer dans un autre monde, celui de l'abandon à soi. Et aussi celui de la sensualité. La douche, le bain, pourquoi pas à deux ?

 

Vous pouvez préparer votre lieu, comme vous le préparez pour recevoir un être important. Vous pouvez aménager la salle (qui n'est pas forcément votre chambre) pour qu'elle soit agréable et confortable. Vous devez décider ensemble si vous l'éclairez pour pouvoir vous regarder et découvrir vos corps respectifs, ou si vous préférez la pénombre parce qu'un dévoilement trop direct vous intimide. Toute cause de gène doit être éliminée. Faites en sorte de ne pas être dérangés.

Prévoyez un temps suffisamment long. Ne soyez pas préoccupé par un rendez-vous placé juste après.


Les "préliminaires", un échange à part entière

 

On dit souvent, c'est bien connu, que la femme ne peut pas procéder à l'accouplement immédiatement, car elle a besoin de préliminaires. Les préliminaires consistent à effectuer des caresses pour laisser au désir de la femme le temps de monter. Cette indication a pour mérite d'attirer l'attention sur les besoins de la femme et de reconnaitre sa spécificité sexuelle. Il a pour inconvénient de ne pas la reconnaitre suffisamment en la décrivant selon une approche masculine, comme on va le préciser.

En premier lieu, il ne s'agit pas de faire des préliminaires une règle de conduite, une méthode obligatoire: J'ai appris comment une femme fonctionne, donc j'applique la leçon. Si on transforme cette invitation en mode d'emploi, on reste dans sa tête et on passe à côté de l'écoute et de la créativité du moment présent. Qui donc que la femme elle-même peut décider de quoi elle a besoin ou envie ?

Il n'est nul besoin que lui ou elle se préoccupent de leçons qu'on leur a dictées. Le questionnement sur les préliminaires s'efface dès qu'on est à l'écoute de l'autre: on suit ce que les corps expriment, sans réfléchir à la phase suivante de la méthode.

 

Et les corps s'expriment selon le contexte. Si on vient de s'occuper des devoirs scolaires des enfants avant qu'ils se couchent, il est probable que l'attention n'est pas orientée vers le corps et qu'il est besoin d'un moment pour s'y connecter. Mais si on vient de se baigner, de s'embrasser dans la cuisine ou dans la douche, les préliminaires peuvent déjà avoir eu lieu.

 

La séparation en deux phases, les "préliminaires" et la "pénétration", n'existe qu'en fonction de la façon dont on envisage le déroulement de ces phases. La "pénétration" peut inclure des préliminaires en étant très lente. Certains hommes caressent longuement la vulve avec leur sexe, ce qui rend le passage de l'un à l'autre très progressif.

 

Venons-en au principal: le mot préliminaire en lui-même contient un relent d'orgasme masculin. Il sous-entend préliminaire en vue d'autre chose. Donc le préliminaire n'est conçu que pour la suite. Parler de préliminaires implique qu'en pensée on est déjà dans l'après-préliminaire.

 

Or les préliminaires sont un échange à deux à part entière, qu'ils aient une suite ou non. Ils se suffisent à eux-mêmes. Ils ne sont donc pas des préliminaires, mais un mode d'expression particulier de l'échange amoureux de deux corps dans la tendresse. Il est possible que ce mode dure des heures et qu'il ne se prolonge pas par un accouplement génital. Tout dépend du moment et de la danse des corps qui nait à ce moment.

 

Les massages constituent une forme d'approche sexuelle très intéressante et très agréable. En premier lieu, ils répondent au besoin fondamental du petit enfant d'être touché et caressé, qui bien souvent n'a pas été satisfait. Cela crée donc une détente très favorable à l'expression sexuelle, même si apparemment elle ne va pas dans le sens de l'excitation. Patience ! En deuxième lieu, ils permettent une expérience qu'on a rarement l'occasion de vivre: quand vous êtes massé(e), vous recevez et vous n'avez pas à vous préoccuper de votre partenaire, de son plaisir. Il/elle vous l'offre. Laissez-vous recevoir du bien-être et de l'amour comme un bébé, sans avoir à le mériter et ni donner en retour. Pour une fois, c'est permis ! Vous donnerez ensuite, lorsque vous échangerez vos rôles.

 


Alain Boudet - Source http://www.spirit-science.fr/doc_psycho/sexualite.html


+ d'infos : Sexothérapie

 

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